Nous sommes le Lundi 18 Decembre 2017

Ostéoporose : quelles complications ?


L’ ostéoporose est fréquente après la ménopause .

Elle est souvent silencieuse, pourtant elle peut avoir des conséquences graves sur la santé : fracture vertébrale, compression des organes, fonte musculaire… Il ne faut pas la négliger.

Ostéoporose : des risques de fracture du poignet
« L’ ostéoporose est une perte de tissu osseux. Habituellement, l’os, qui est un tissu vivant, est en constant remodelage, c’est-à-dire que des cellules, les ostéoclastes détruisent l’os ancien puis d’autres, les ostéoblastes, reconstruisent du tissu neuf », explique le Pr Philippe Orcel. « Lorsque les premières sont trop actives ou les secondes plus assez nombreuses, la perte osseuse s’accélère, fragilisant le squelette qui devient poreux. Le risque de fracture augmente alors. Les plus courantes sont celles du col du fémur , du poignet et des vertèbres, mais tous les os peuvent être touchés sauf ceux du crâne, du rachis cervical, des mains et des orteils. »

Ostéoporose : des risques de fracture vertébrale
« Le risque de fracture vertébrale est une complication fréquente de l’ ostéoporose , qui peut passer inaperçue car elle ne s’accompagne pas forcément de douleurs. En général, les premières vertèbres touchées sont celles de la charnière thoraco-lombaire, c’est mécanique puisqu’elles doivent supporter le poids de la colonne », explique le Pr Philippe Orcel, rhumatologue.
Non diagnostiquée, la fracture vertébrale provoque alors une réaction en chaîne. « Si la fracture est douloureuse, la personne va réduire son activité et augmenter ainsi les risques de lésions sur d’autres vertèbres. De façon générale, dans l’ostéoporose on observe que la fracture appelle la fracture. Une première fracture multiplie par 2 à 4 le risque d’en subir une seconde. »

Ostéoporose : des risques digestifs
Même lorsqu’elles ne sont pas douloureuses, les fractures osseuses liées à l’ostéoporose finissent par se signaler d’une autre manière. « Progressivement, la personne se voûte et sa taille diminue. Elles entraînent alors un préjudice susceptible de retentir sur l’image de soi, mais pas seulement. Ce préjudice provoque également des malaises digestifs dus à la compression des organes », explique le Pr Philippe Orcel, rhumatologue. Pour éviter d’en arriver là, une seule solution : faire évaluer ses facteurs de risques afin de les prévenir le plus tôt possible, car l’âge moyen de survenue de la première fracture vertébrale est de 65 ans !

Ostéoporose : des risques de fonte musculaire
« Une fonte musculaire est à redouter à chaque fois qu’une personne voit sa mobilité réduite », explique le Pr Philippe Orcel, rhumatologue. Or, qui dit complications liées à l’ostéoporose dit mobilité réduite.
Une conséquence redoutable car on entre alors dans un cercle vicieux : la perte musculaire rend tout effort plus difficile, ce qui réduit d’autant plus la capacité de mouvement. Les séances de kinésithérapie mais, au-delà, toute incitation aux promenades ou à une activité physique même limitée permet de prévenir ce phénomène.
Par ailleurs, l’alimentation a aussi son rôle à jouer : les apports de protéines sont à surveiller car, avec la maturité, on a souvent tendance à négliger son alimentation, surtout si on vit seul. Dans certains cas, des compléments alimentaires hyperprotéinés peuvent vous être prescrits par le médecin.

Ostéoporose : des risques de fracture du col du fémur et de la hanche
En terme de fréquence, la fracture du col du fémur ou de la hanche est la deuxième fracture liée à l’ ostéoporose .
Chaque année, en France, on compte environ 50 000 hospitalisations pour ce motif, contre 60 000 pour les fractures vertébrales et environ 35 000 pour les fractures du poignet liées à l’ostéoporose.
« Le risque de fracture de la hanche augmente avec l’âge », précise le Pr Philippe Orcel, rhumatologue. L’âge moyen de survenue de ces accidents est de 81 ans chez les femmes.
Comment l’éviter ? Il est important de travailler sa musculature et son équilibre afin de prévenir les chutes. De même, mieux vaut supprimer les tapis dans la maison, préférer les douches aux baignoires et s’équiper de chaussures maintenant bien le pied et munies de semelles antidérapantes.

Ostéoporose : complications de la fracture de la hanche
Contrairement aux autres fractures, « La fracture de la hanche nécessite une hospitalisation, et un acte chirurgical. Cela implique une anesthésie générale et une immobilisation. C’est ce qui peut entraîner un certain nombre de complications », explique le Pr Philippe Orcel, rhumatologue. Certaines de ces complications sont les mêmes que pour toute immobilisation longue : escarres , phlébite , infection .
Mais d’autres sont spécifiques à la hanche : absence de consolidation de la hanche après six mois (c’est ce qu’on appelle la pseudarthrose ) et mauvaise vascularisation. Lorsqu’une prothèse a été posée, les risques sont le descellement et la luxation. « Mais l’immobilisation provoque également une perte de tissu osseux, qui aggrave l’ostéoporose. »

Ostéoporose : des risques de perte d’autonomie
« Dans la moitié des cas, la fracture de la hanche liée à l’ ostéoporose est l’événement qui déclenche l’entrée en institution », remarque le Pr Philippe Orcel, rhumatologue. Peur d’une nouvelle chute, difficulté à la marche sont les principaux arguments avancés pour ce placement. Cependant, même lorsque la personne peut rentrer chez elle, il faut souvent réaménager la maison afin de faciliter ses déplacements et ses gestes quotidiens : remplacer la baignoire par une douche de préférence « à l’italienne » (c’est-à-dire sans bac), poser des barres d’appui, faciliter le passage d’un déambulateur souvent nécessaire après un tel épisode.

Ostéoporose : des risques de désocialisation
On le voit, les conséquences d’une fracture de la hanche liée à l’ostéoporose peuvent, à terme, avoir des répercussions importantes sur la qualité de vie. « La perte de mobilité peut entraîner un repli sur soi et une désocialisation : on ne sort plus, on s’isole », souligne le Pr Philippe Orcel, rhumatologue. Il s’avère donc important d’organiser un suivi social dès la sortie de l’hôpital : si une aide familiale ne peut pas être obtenue, des aidants professionnels peuvent être mobilisés (aide à domicile, auxiliaire de vie). Le CCAS (centre communal d’action sociale) ou le CLIC (coordination gérontologique locale) seront les meilleurs interlocuteurs pour mettre en place ces aides.

Ostéoporose : la mortalité en hausse
« 10 à 20% des personnes victimes d’une fracture de la hanche liée à une ostéoporose décèdent dans l’année qui suit l’hospitalisation », constate le Pr Philippe Orcel, rhumatologue. Un constat terrible qui s’ajoute à d’autres chiffres : dans l’année, 95% présenteront des difficultés à monter un escalier, 75% perdront leur autonomie dans leur activité quotidienne et 40% ne marcheront plus sans assistance. Un tableau sombre qui montre combien sont importantes la prévention de l’ostéoporose, d’une part, et la prévention des chutes, d’autre part.
Toutefois, précise le spécialiste, « même si la fracture de la hanche est la plus grave, une étude a montré qu’une fracture considérée comme mineure pouvait aussi réduire l’espérance de vie. »

Ostéoporose : le coût pour la société
En France, l’ ostéoporose féminine représente chaque année un coût évalué à 600 millions d’euros, auxquels il convient d’ajouter une dépense de 200 millions pour l’ostéoporose masculine (chiffres de la Société française de rhumatologie).
Une échelle permet par ailleurs d’évaluer la totalité des années de vie en bonne santé perdues à l’échelon mondial, à cause d’une maladie (invalidité, dépendance, mort prématuré), il s’agit du DALY (Dishability adjusted life year).
En 2001, l’ostéoporose représentait 2 006 000 années perdues, soit un petit peu moins que la maladie d’Alzheimer (2 936 000 années) mais plus que la polyarthrite rhumatoïde (1 046 000) ou la maladie de Parkinson (456 000).
En France, des progrès restent à accomplir notamment en matière de dépistage.
Actuellement, seules 20% des femmes ayant eu une fracture liée à l’ostéoporose sont diagnostiquées et prises en charge.
Dommage car les traitements sont efficaces et réduisent les risques de fractures.

A consulter
Rhumatologie.asso.fr : le dossier consacré à l’ostéoporose sur le site de la Société française de Rhumatologie
www.grio.org : le site de groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses

Article paru le 29/09/2010 par Hélène Mendigot, journaliste santé et validé par le Pr Philippe Orcel, chef du service Rhumatologie de l’hôpital de Lariboisière à Paris, président de la Société française de rhumatologie sur :

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